À l’autre bout de la pièce le Caméscope par terre semblait lui dire d’un œil de serpent, viens, viens c’est moi je suis l’instrument. Tu n’auras qu’à être je serait témoin. Joseph s’est levé et le temps d’y aller s’est dit si la batterie est naze, je le fous par dessus bord. Il a chopé la caméra comme on tarte un môme qui fait chier. Il mit le contact et le Caméscope qui avait du flipper se mit illico a marcher. Il l’éteignit et passa à la cuisine. Là, il posa la bête directement dans l’évier en direction de la table. D’un placard il sortit un paquet de bougies, de l’autre de la bière, du Picon et du rhum. Alors Joseph dispose un peu partout les bougies dans la cuisine, zébrée des ombres de la branche du hublot. Du tiroir de la table il sort une boulette grosse comme le poing, des cigarettes et du papier. Il se fait un Picon-bière, avec une bonne lichette de rhum, s’assied, se roule un joint, l’allume, se saisit de la télécommande et appuie sur le bouton.
- J’ai mis des bougies. Le jour de ma mort je veux qu’on mette autant de bougies autour de moi que j’avais d’années, comme ça ma mère croira que c’est mon anniversaire.
—Joseph sous la pluie, Mano Solo 1997